mercredi 6 juillet 2011

Le Chic Resto Pop, vecteur de communauté

Au coin des rues Adams et D’Orléans, dans l’un des quartiers les plus défavorisés du pays, une ancienne Église abrite l’une des formidables initiatives d’économie sociale du quartier : le Chic Resto Pop. Dès l’arrivée, l’endroit surprend. Plusieurs dizaines de tables occupent la totalité du parterre et de l’autel de ce qui était autrefois l’Église Saint-Mathias. Les immenses vitraux teintent l’endroit d’une lumière chaleureuse et accueillante tandis que le raisonnement des ustensiles et des conversations remplace les champs cléricaux.

Déménagé à l’Église Saint-Mathias en 2004, mais ouvert depuis plus de 25 ans, le Chic Resto Pop d'Hochelaga-Maisonneuve est une entreprise d'économie solidaire qui offre des repas complets à prix modiques tout en permettant à des participants de réintégrer le marché de l'emploi grâce à un programme de réinsertion socioprofessionnelle. Sa première mission, dit l'agente à la promotion humaine et sociale, Julie Rainville, est de « combattre l'exclusion sociale sous toutes ses formes, tout en rendant la nourriture accessible ».

En discutant avec les habitués du Resto, on se rend compte que la mission semble accomplie. Comme le dit Huguette, nouvelle cliente assidue depuis décembre, « trois dollars, ça se trouve plus vite qu’un vingt!». Ceci est une donnée importante, compte tenu du fait que Chic Resto Pop détonne, au milieu de la mer d’établissements de restauration rapide qui abondent dans le quartier d’Hochelaga. Pour le prix de deux hot-dogs et d’une frite, les cuisines du Resto offrent des repas santé et biens garnis composés d’une salade, d’une soupe, d’un repas principal, d’un petit pain, d’un dessert, d’un jus et d’un café.

Pour sa part, Robert, qui fréquente quotidiennement l’endroit depuis 8 ans, affirme avoir quitté la solitude grâce au Chic Resto Pop. « C’est bon de quitter l’isolement. Avant, j’étais tout seul chez moi. Ici je rencontre des gens de tout âge, on s’amuse, on parle, on discute, c’est très intéressant », s’exclame-t-il lors de notre entretien. Même chose pour Vital, qui souffre de légers troubles mentaux et pour qui le Chic Resto Pop offre un milieu social stimulant : « Il faut que je rencontre du monde, que je vois du monde. J’ai des amis ici, je ne suis pas dépaysé ici. Presque tout le monde se connait et j’ai aussi des liens avec le personnel », affirme-t-il en dégustant son repas.

Si l’endroit est un milieu stimulant pour les clients, il l’est tout autant pour les apprentis en formation et réinsertion socioprofessionnelle. Ceux-ci bénéficient de l’encadrement de professionnels dévoués à la tâche. Mathieu Lépine, compagnon-chef d’équipe des préposés au service à la clientèle, a récemment quitté le monde « superficiel », comme il le dit lui-même, de la restauration commerciale haut de gamme pour se consacrer à l’économie sociale. Depuis son arrivée au Resto, il y a deux ans, il a aidé plus de 30 apprentis à intégrer le marché du travail. « Mon rôle, m’explique-t-il, c’est de montrer les rudiments de préposé de cafétéria et du service aux tables, mais aussi d’encadrer les participants au niveau de l’employabilité, de leur donner de bonnes habitudes de travail.» Après deux ans au Chic Resto Pop, il ne regrette pas d’avoir quitté la restauration commerciale : « l’ambiance est beaucoup plus familière et conviviale, et la tâche très gratifiante ».

Les apprentis eux-mêmes semblent très satisfaits de la formation qu’ils reçoivent au Chic Resto Pop. France, qui apprend les rouages du service à la clientèle et le maniement de la caisse enregistreuse dit apprendre beaucoup tout en s’amusant. « L’ambiance est pas mal le fun, les clients sont réguliers, tout le monde se connait, les clients nous connaissent, savent nos noms!», dit-elle en riant. Jimmy, un autre apprenti, pour qui le Chic Resto Pop est « vraiment une bonne expérience et une bonne place », exerce ses talents de service à la clientèle depuis environ 6 mois. « Le travail n’est pas toujours facile. T’as beaucoup de trucs à faire, on n’a pas les mêmes tâches chaque jour. Y’a des tâches qui faut faire et faut que ça roule parce que ça aide le monde. C’est une belle place ouverte à tout le monde », conclu-t-il.

Et c’est vrai qu’avec plus de 500 repas servis en salle en manger par jour, en plus des 300 repas individuels congelés livrés quotidiennement à une clientèle à mobilité réduite et des 500 repas distribués chaque jour aux enfants des écoles du quartier, le Chic Resto Pop semble être une « bonne place ».




La salle à manger se trouve dans ce qui était autrefois l’église Saint-Mathias, au coin des rues Adam et d'Orléans.


3$, c'est le montant à verser pour avoir un repas complet comprenant soupe, repas principal, dessert, pain, jus et café.




Chaque jour, le Chic Resto Pop sert 500 repas en cafétéria, livre 300 plats congelés à une clientèle à mobilité réduite et distribue 500 repas dans les écoles du quartier.


Entre autres, les apprentis apprennent à travailler en équipe et à bien gérer leur temps.





La clientèle du Chic Resto Pop compte beaucoup d'habitués, ce qui contribue à bâtir une ambiance conviviale et chaleureuse.




Chaque jour, un choix de deux repas s'offre aux clients du Chic Resto Pop.


Plusieurs bénévoles aident les employés et les apprentis.






Jimmy est en formation au Chic Resto Pop depuis quelques mois. Il aime beaucoup l'ambiance et le travail. Comme il le dit lui même, «c'est une belle place.»

France est en formation au service à la clientèle depuis deux mois et compte travailler dans ce domaine une fois son stage terminé.







« Avant je n’aimais pas ça, mais avec le temps j’ai vu que c’était bon. Là maintenant j’aime ça, pis c’est vraiment une bonne place. » - Jimmy



« Je suis en formation ici depuis un mois et demi. J’aime beaucoup ça parce que j’suis là pour apprendre. J’aime beaucoup ce milieu là pour le monde, j’aime beaucoup les gens, j’aime beaucoup le service à la clientèle. Ça m’apprend beaucoup dans ce domaine là parce qu'on touche à beaucoup de chose, on sert les clients pour le café, on apprend la caisse, on apprend le service au table! » - France





Les clients du Chic Resto Pop proviennent principalement de milieux défavorisés, mais l'endroit compte aussi parmi ses clients des personnes âgées ou des jeunes en quête de milieu social stimulant, des jeunes familles dont le budget est serré ou de salariés qui ont besoin d'alléger leurs fin de mois. Pour sa part, Nicole vient une fois par mois au Chic Resto Pop avec ses collègues du centre des femmes.

Les clients apprécient beaucoup la nourriture et les relations qu'ils tissent avec les personnes en réinsertion et avec les autres clients.


Depuis quelques mois, le Chic Resto Pop a ouvert un restaurant d'une autre gamme, au jubé de l'église. Il s'agit d'une des initiatives d'autofinancement du resto.

mercredi 25 mai 2011

Vieux film scanné

L'été dernier, avant que ma caméra argentique flanche, j'avais eu le temps d'exposer deux pellicules. J'avais fait développer et partagé sur ce blogue les photos de la première pellicule, mais je n'avais pas encore scanné celles de la deuxième. Les voici donc.







lundi 23 mai 2011

Premier studio

La semaine dernière, Elizabeth, une amie pour qui j'avais shooté quelques photos pour son band The Oh!, me contacte pour que je shoot les photos de presse de quelques acteurs de la pièce de théâtre Between Gossip and Dream, qui sera présentée dans le cadre du festival Fringe, cet été à Montréal. Emballé, je réponds tout de suite par l'affirmative, sans trop penser au comment de la chose. Les jours passent et deux jours avant le shooting je réalise que mon unique flash, dont le radiodéclencheur de qualité discutable acheté sur eBay est cassé depuis un mois, ne sera peut-être pas suffisant cette fois-ci. Élizabeth me dit que le directeur est prêt à louer des lampes chez Lozeau, je dis OK. Mais la veille, je réalise que je ne suis aucunement intéressé à shooter avec des lampes. Moi je veux faire comme sur les internet, et sur les internet ils utilisent des flashs. Sérieusement, je m'intéresse à la photo studio depuis un p'tit bout et tout ce que j'ai lu, vu et acquis a rapport aux flashs externes. De toute façon, je pense qu'il n'y a vraisemblablement plus beaucoup de photographes qui utilisent des sources lumineuses continues : c'est pas assez puissant, c'est compliqué moduler l'intensité et ça produit beaucoup trop de chaleur (qui fait suer les personnes shootées). Finalement, je fais à ma tête et loue des flashs et des parapluies.

La veille je commence à stresser un peu : c'est pas Robert Lepage, mais j'aimerais quand même ça livrer. Je n’ai jamais shooté en studio avec de multiples sources de lumières ou avec des parapluie, donc je sais pas de quoi risquent d'avoir l'air les photos. Finalement, tout ce passe bien, ou presque : j'suis content, tout le monde est content. Sauf que je sens que le directeur n'est pas très enchanté que je lui présente une facture de location qui est le triple de ce qu'il avait prévu pour ses lampes... J'apprends alors une leçon : toujours établir des ententes claires et toujours les mettre sur papier sous forme de contrat... même lorsqu'on rend service...!

Voici quelques unes des photos.













mardi 12 avril 2011

Session Lunettes

Moi qui croyais que le commerce en ligne n'était bon que pour se commander des pogs, j'en ai pris pour mon rhume lorsque les lunettes de prescription de mon pote et coloc sont arrivées, tout bonnement, par la poste. Il en a même reçu deux paires. Pas parce qu'il à 4 yeux, mais bien parce qu'il compte en retourner une paire après avoir choisit celle qui trônera dorénavant sur son nez.

Bref, à ce moment (moment de réception de ses lunettes), puisque je cherchais désespérément une activité me permettant de procrastiner sans me sentir coupable de le faire, j'ai bondi sur l'occasion et proposé à mon coloc de réaliser un shooting de lui et ses nouvelles lunettes dans des situations de la vie courante, afin qu'il puisse faire un choix éclairé.

PS.: S'il vous trouvez que le modèle est en chest, c'est qu'il venait tout juste de se lever, et qu'on était très impatients de réaliser le shootting.





lundi 11 avril 2011

Manifestation contre la hausse des frais de scolarité du 31 mars 2011

Sur 50 000 étudiants en grève, seulement deux ou trois milles sont descendus dans la rue...un gros travail de mobilisation et de communication reste à faire. Le discours individualiste et réducteur du gouvernement Charest a porté fruit: plusieurs citoyens, dont un nombre grandissant d'étudiants, voient l'éducation comme un investissement personnel, que chacun doit amortir indivuellement. L'éducation accessible est une richesse collective dont nous devrions être fiers. Le Québec est la province où les frais de scolarité post secondaire sont les moins élevé et devrait le rester.

Nous avons fait des choix et, malgré ce que la propagande gouvernementale martèle, nous pouvons toujours nous les permettre. Commençons par cesser les baisses d'impôts accordées aux entreprises, mais aussi aux particuliers. Puisque, comme le ministre Bachand le dit, les universitaires gagnent «plusieurs centaines de milliers de dollars de plus» , c'est justement avec grand plaisir que nous rembourserons à la société, tout au long de notre vie grâce à l'impôt, nos frais se scolarité, en plus d'avoir le privilège de financer ceux des générations qui nous suivront.

Cessons également donner nos ressources naturelles au moins offrant et retirons le juste revenu de leur exploitation. Par exemple, il est légitime de questionner la vente de permis d'exploitation de gaz de schiste à 10 cents l'hectare, quand un rapport produit par la firme internationale spécialisée en énergie Macquarie évalue que ces mêmes permis pourraient être aujourd'hui revendus par les gazières plus de 575$ la pièce... [SOURCE]

Oui, nos universités sont sous-financées, mais il est faux d'affirmer que la seule option valable soit la hausse des frais de scolarité.

Bref, voici quelques clichés de la manif.










Montréal la froide